De Bradley à Charlie

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De Bradley à Charlie

Message  Laulau le Sam 7 Nov - 19:15

L’Ouest est secrètement enchanté de la destruction de l’avion russe



Un avion de ligne russe à destination de Saint-Pétersbourg s’est écrasé alors qu’il survolait la péninsule égyptienne du Sinaï, tuant toutes les personnes à bord. Récemment des combats acharnés ont lieu dans la péninsule car la présence des organisations terroristes soutenues par l’étranger a augmenté, aussi un soupçon immédiate a été soulevé concernant une attaque terroriste potentielle impliquant soit une bombe apportée à bord soit un missile tiré du dessous.

Comme la Russie mène son enquête sur la catastrophe, le reste du monde objectif attend les réponses. Pour d’autres, ils ont déjà commencé à élaborer des récits utilisant la catastrophe à leurs fins personnelles. Un tel individu est John Bradley, un collaborateur régulier de la revue The Economist, The Forward, Newsweek, The New Republic, The Daily Telegraph, Prospect et The Independent.

Il a également enseigné au think-tank politique basé à Washington, l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, et pendant plus de 2 ans, a eu accès presque illimité à travers l’Arabie saoudite lors de l’écriture de son livre apprécié par l’establishment, "l’Arabie saoudite exposée : à l’intérieur un royaume en crise ».

Son travail le plus récent est une tribune libre peu recommandable pour le journal anglais Spectator intitulé, "Le crash de l’avion russe pourrait saper la stratégie de Poutine en Syrie." Dans ce document, Bradley répond commodément à la question la plus importante qui sera posée si les enquêteurs déterminent que la destruction de l’avion était un acte de terrorisme, "Cui Bono ?"

Bradley décrit non seulement comment la catastrophe aide à saper davantage l’Egypte, (une nation luttant pour un équilibre entre apaiser les intérêts occidentaux et et éviter un effondrement "de style Libyen" au sein de ses propres frontières) mais aussi comment l’incident pourrait saper les efforts de la Russie en Syrie.

Bradley déclare :

Il semble maintenant assez probable qu’une explosion a abattu l’avion de ligne russe russe au dessus de la péninsule du Sinaï en Egypte au cours du week-end. Un officiel de Metrojet a déjà suggéré que la « seule cause explicable est un impact physique sur l’avion » et ils ont exclu une défaillance technique ou une erreur humaine. Si l’enquête en cours prouve que c’est le cas, cela aura évidemment un impact immédiat et catastrophique pour l’industrie touristique de l’Egypte déjà décimée.

En ce qui concerne la Russie en particulier, il déclare :

Mais ce serait également la nouvelle la plus importune possible pour Vladimir Poutine, qui a vendu une intervention militaire en Syrie au peuple russe comme un moyen de les rendre plus sûrs. À leur tour, les adversaires de l’intervention russe - les États-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe - seraient en privé enchantés. Car ceci n’est-il pas la preuve de leur argument selon lequel l’intervention russe ne fait que compliquer la situation sur le terrain, tout en augmentant la menace d’attaques terroristes ?

Mais si l’avion de ligne abattu se révèle être victime du terrorisme, non seulement "les Etats-Unis, la Turquie et les despotes du Golfe arabe" seraient "en privé enchantés" il apparaît également que ISIS leur aurait fourni une carte bien nécessaire à jouer au cours les futures négociations concernant le conflit en Syrie. Après avoir noté que ISIS s’est attribué la responsabilité de l’avion abattu comme il se refermait sur une autoroute utilisée pour ravitailler les forces syriennes opérant à Alep, Bradley explique :

Tous [dans les les négociations], bien sûr, se rendent compte qu’il ne vaut la peine de négocier qu’à partir d’une position de force. Les alliés anti-Assad vont espérer que Poutine craindra maintenant un nouvel Afghanistan, et sera donc plus souple sur la question du départ d’Assad. Ils seront également déterminés à augmenter leur soutien pour les soi-disant « rebelles modérés », surtout étant donné que Washington a récemment envoyé des forces spéciales pour les « conseiller » (ou, en d’autres termes, agir comme boucliers humains contre les bombes russes).

Bradley résume sa tribune libre célébrant presque le fait que ceux qui supposaient que l’entrée de la Russie dans le conflit syrien signifierait sa conclusion rapide "se trompaient lourdement."

S’il s’avère que les terroristes abattirent l’avion de ligne russe, cela certainement satisfait le résumé de Bradley concernant "Cui Bono ?" Bradley lui-même admet que les forces spéciales américaines ne servent qu’à être des "boucliers humains" pour les militants soutenus par l’Ouest contre les frappes russes. Ces mêmes militants se sont ces derniers jours, coordonnés ouvertement avec ISIS dans les avances mentionnées par Bradley le long de l’autoroute syrienne. Il est clair que ISIS n’est pas une troisième équipe en compétition dans ce conflit régional, mais bien un membre de l’équipe qui récolte le plus de bénéfices de son existence, "les Etats-Unis, la Turquie et les despotes arabes du Golfe."

Ulson Gunnar
5 novembre 2015
Traduction Comité Valmy
Ulson Gunnar est un analyste géopolitique basé à New York et écrivant surtout pour le magazine en ligne "New Easter Outlook".
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