l’horreur absolue d'une communication dévoyée

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l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  brusyl le Mar 27 Jan - 0:40

Je ne résiste pas au plaisir de vous poster cette analyse textuelle du discours prononcé le 22 dernier par Sarkozy devant les enseignants-chercheurs... c'est un régal !

Nicolas Sarkozy aux assises de la recherche, ou l’horreur absolue d’une communication dévoyée

Il y a quelques jours, une amie qui se reconnaîtra m’a fait parvenir le discours prononcé par N. Sarkozy aux assises de la recherche. Un pdf de sept pages.

Après 5 minutes de lectures, et malgré l’en-tête du pdf, j’ai cru à une manipulation et envoyé un mail à l’amie en question pour qu’elle m’indique la source dont provenait le document: phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire, assertions volontaristes dignes de Monsieur Homais… Bref, une telle caricature de discours sarkozyste qu’un esprit tant soit peu critique ne pouvait se résoudre à y croire, quelle que soit son antipathie pour le bonhomme.

Puis, sans attendre la réponse de mon informatrice, je me suis rendu sur le site de l’Elysée. J’ai fouillé un peu, trouvé le compte rendu de la chose (qui date du 22 janvier), téléchargé un pdf.

Ce n’était pas une manipulation. Le document qui m’avait été envoyé était le bon et provenait directement du site officiel.

Que l’on puisse tenir ce genre de propos atterrants devant un parterre de chercheurs en dit déjà long sur le mépris dans lequel Notre Président tient l’Université et le monde de la recherche. Quoique venant d’un populiste, la haine du savoir et de ceux qui le produisent et le diffusent n’ait rien d’étonnant…

Mais qu’on puisse ensuite diffuser un torchon pareil, par le biais d’un canal de propagande officiel, voilà qui prouve que l’Elysée n’a rien abandonné de sa communication méprisante, et qu’il se soucie fort peu du citoyen qui vient lire les communiqués qu’il défèque. Style ou contenu, on a là la preuve de la complète dégradation du pouvoir en place.

Vous pouvez lire le pdf ici, ou aller le chercher sur Elysée.fr à l’adresse:

http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=2259&lang=fr

(Par principe, je ne linke pas vers l’Elysée…)

Mais vous n’échapperez pas à un florilège du très horrifique stile de Notre Président et de sa terryphiante argumentassyon.

1. L’immobilisme, tout d’abord, doit être combattu!

J’ai eu l’occasion de le dire lors des assises européennes de l’innovation : face à la crise, nous il serait catastrophique de nous replier sur nous-mêmes, il serait catastrophique d’attendre frileusement que ça passe, cette stratégie là de l’immobilisme, de la frilosité et du repli sur soi, elle nous est interdite ce n’est pas une question d’idéologie, ce n’est pas une question de droite ou de gauche, c’est une question de bon sens.

La phrase de départ n’a aucun sens. L’argumentaire par le bon sens n’en est pas un: relent putride de la posture de droite la plus traditionnelle et la plus stupide. Le bon sens, c’est ce qu’on pense quand on n’a pas réfléchi. Au bon sens, une démocratie saine d’esprit préfère l’intelligence et la capacité d’analyse. Mais nous ne vivons plus dans une démocratie saine d’esprit.

2. Le bon sens a néanmoins cela de pratique qu’il permet d’utiliser des présupposés “évidents” et d’échafauder ainsi toute une théorie sans avoir à avancer le moindre argument. Ainsi, puisque l’on traite de l’Université, on traite nécessairement d’une “structure obsolète”, qui correspond bien aux “mentalités françaises qui n’aiment pas le changement”:

La crise nous donne l’occasion d’accélérer la modernisation des structures obsolètes et de changer nos mentalités, parce que dans notre pays ce n’est pas une chose que l’on fait facilement et pourtant il faut le faire.

On admirera au passage la subtilité de la période.

3. Elle permet également d’argumenter longuement en en appelant au “constat que tout un chacun peut faire” et au “moi je suis l’expression de ce que tout le monde pense”. Ainsi, sur l’absence totale de performance que Notre Président impute à la recherche française
Je n’accuse personne, c’est un constat que chacun peut faire, il y a toujours des bonnes raisons de ne pas faire la réforme, mais au total ça fait des mauvaises raisons.

On admirera au passage la finesse de la chute.

4. Alors évidemment, le problème, c’est que la recherche française ne marche pas si mal. Quelques prix Nobel ces dernières années, pour rester dans ce qui parle à tous. Qu’à cela ne tienne: si la recherche française remporte des succès, c’est en fait qu’elle est une recherche misérable:

Mais ces admirables chercheurs et ces points forts - j’ose le dire -ne sont-ils pas l’arbre qui cache la forêt ? Ne servent-ils pas parfois d’alibi aux conservateurs de tous poils, que l’on trouve à droite en nombre certain et à gauche en nombres innombrables. Je dis innombrables à gauche car ils sont plus nombreux.,

Au delà de l’obscénité du paralogisme, on admirera les affligeants “nombres innombrables”, la ponctuation erratique et la faute de grammaire digne d’un élève de CM1.

5. Et puis on peut ajouter à cela des mensonges éhontés, faits d’approximations et d’élargissements foireux: un chercheur français publierait moins qu’un chercheur anglais “dans certains secteurs”. Lesquels? En quels nombres? Deux secteurs ou soixante? Certains secteurs…

La recherche serait-elle uniquement une question de moyens et de postes ? Comment donc expliquer qu’avec une dépense de recherche plus élevée que celle de la Grande Bretagne [...] la France soit largement derrière elle pour la part de la production scientifique dans le monde ? Il faudra me l’expliquer ! Plus de chercheurs statutaires, moins de publications et pardon, je ne veux pas être désagréable, à budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs.

On admirera ainsi la manière subtile de faire croire que l’on peut faire une meilleure recherche avec moins d’argent. Normal, les chercheurs sont paresseux (cf. supra), donc pas besoin de leur donner des fonds: il suffit de les mettre au boulot.

6. D’ailleurs, l’énervement de Notre Président monte. Car qui se trouve en face de lui, sinon des crevards chercheurs paresseux, immobilistes, inutiles et non performants? Il leur en balance donc un peu, leur donne des ordres, leur parle à l’impératif:

Évidemment, si l’on ne veut pas voir cela, je vous remercie d’être venu, il y a de la lumière, c’est chauffé…… On peut continuer, on peut écrire. C’est une réalité et si la réalité est désagréable, ce n’est pas désagréable parce que je le dis, c’est désagréable parce qu’elle est la réalité, c’est quand même cela qu’il faut voir. Arrêtez de considérer comme sacrilège celui qui dit une chose et voir si c’est la réalité.

On pleurera au passage sur le degré de vulgarité insensé atteint par le premier personnage de l’Etat et sur la dégradation psychique qu’il inflige au pays tout entier.

7. Enfin, l’obsession du mouvement atteint son comble, et croise sans difficulté la vulgarité de l’expression et la platitude de la pensée. Notre Président s’étonne que certains veuillent un ralentissement de ces pseudo-réformes. Il faut avancer, bouger, s’agiter, vibrionner! Comment cela? Le monde change (??!!??), donc il faut aller vite:

Parfois j’entends dire « il faut faire une pause dans les réformes ». J’ai envie de dire : déjà fatigué ? Quand même, franchement, deux ans de réformes, cela doit être supportable ! D’autre disent « cela va trop vite ». Mais qu’est ce qui va trop vite ? Le monde qui change ?

On admirera au passage le fait que la Ministre Pécresse détruit le système de recrutement des enseignants du secondaire en réclamant aux Universités de produire en 2 mois des programmes de formation refaits à neuf, ce qui est évidemment une tâche impossible, sauf à bâcler l’affaire. Mais la question de la qualité n’apparaît jamais dans ces subtils propos. Seule compte la vitesse. Que 99% des universitaires français refusent cette annihilation programmée du secondaire ne peut être l’effet de leur expérience ou de leur volonté de voir le pays doté de professeurs de qualité. Ce ne peut être qu’une “réaction corporatiste”. Qui pourrait le nier? Il faudrait m’expliquer comment ça pourrait être autrement, parce que moi, j’ai envie de dire, c’est évident!…

8. Qu’importe le détail de tout façon! Rien n’a d’importance, puisque Notre Président est confiant:

Il y aura donc la poursuite du mouvement de réforme de la recherche en France.

Pour mémoire, l’intersyndicale universitaire réunie le 21 janvier, soit la veille de cette éructation pitoyable, a lancé un appel à la grève générale de toutes les Universités à partir du 2 février.

Mais ce sont des crevards, comme chacun sait…

http://www.le-grand-barnum.fr/nicolas-sarkozy-aux-assises-de-la-recherche-ou-lhorreur-absolue-dune-communication-devoyee/#more-1024

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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  brusyl le Mar 27 Jan - 0:46

Et la réponse publiée aujourd'hui d'un enseignant chercheur......

Réponse à la provocation présidentielle du 22 janvier

Scientifiques, ouvrez les yeux !Par Alain Trautmann, le 26 janvier 2009

Ecouter et voir sur le site de l’Elysée le discours sur l’avenir de la recherche que N. Sarkozy a prononcé le 22 janvier 2009 est un exercice instructif et éprouvant. Dans ce discours était confirmée la mise en place d’un comité de 18 personnes, toutes nommées par le gouvernement (7 universitaires, 6 chefs d’entreprise, 5 personnalités politiques ou de la haute administration), connues pour leur positions proches du gouvernement en la matière, et chargées de rédiger très rapidement et en toute indépendance un rapport dont une des principales conclusions était annoncée à l’avance : retirer au CNRS la gestion de ses laboratoires et de ses personnels, le transformer en un ensemble de petites agences de répartition des moyens financiers pour la recherche, dans des laboratoires désormais universitaires. Cette année devrait donc voir la fin du CNRS, la fin d’un des centres de recherche les plus réputés au niveau international, le centre qui vient d’obtenir le plus de financements européens pour des jeunes équipes de recherche de pointe, un centre qui attire d’ailleurs de nombreux étrangers (actuellement, 20% des recrutements). Ce Centre, N. Sarkozy a décidé de s’en débarrasser, et vient de choisir soigneusement des personnalités qui pourraient donner leur caution à cette opération.

Ce discours a provoqué la honte et la colère de nombreux scientifiques. Honte d’avoir un tel Président pour la France. Là où l’on pourrait espérer la hauteur de vue d’un homme décidé à bâtir, on a vu un homme qui semble toujours vouloir remettre en place, de façon pathétique, un habit de président bien trop grand pour lui. Dans Mesure pour Mesure, Shakespeare parle de ces « Grands de la terre » enivrés de pouvoir, qui n’ont d’autre projet que de « remplir le ciel de tonnerres, rien que de tonnerres ». Il les décrit ainsi : « … Mais l’homme, l’homme vaniteux, drapé dans sa petite et brève autorité, connaissant le moins bien ce dont il est le mieux assuré, sa fragile essence, il s’efforce, comme un singe en colère, à faire à la face du ciel des farces grotesques qui font pleurer les anges et qui, s’ils avaient nos ironies, leur donneraient le fou-rire des mortels. » Celui qui annonçait qu’il allait casser le CNRS avait-il la dignité d’un Président de la République, ou mimait-il la mine menaçante, méprisante de ceux qui, dans une bande se préparent pour une baston et brûlent d’en découdre ?

Cet homme provoque la colère par l’absurdité de ses raisonnements, qui sont lourds de conséquences. Il est vrai que la recherche effectuée dans le secteur privé est très en retard en France, comme en témoigne le faible nombre de brevets pris par les entreprises (car dans le monde entier, ce sont ces dernières et non les universités, qui prennent l’essentiel des brevets). Ce fait est évidemment en rapport avec la faible culture en matière de recherche des dirigeants d’entreprise français, avec l’absence de considération que certains d’entre eux ont pour le doctorat (le plus haut diplôme universitaire dans tous les autres pays), regardé de haut par ces Elèves de Grandes Ecoles. N. Sarkozy ignore ce problème et invite même ces chefs d’entreprise à faire des propositions de réorganisation de la recherche … publique. N. Sarkozy regrette que les découvertes qui ont valu le prix Nobel à Albert Fert aient été insuffisamment valorisées par des entreprises françaises, mais l’aient été plus souvent à l’étranger. Sa conclusion est … qu’il faut casser le CNRS, c’est-à-dire la structure qui a rendu possibles ces découvertes, aux dires d’A. Fert lui-même.

C‘est aussi par ses mensonges et ses insultes proférés d’un air gourmand que N. Sarkozy a provoqué la colère. Selon lui, les chercheurs français refuseraient d’être évalués, se contenteraient d’un confort douillet (« il y a de la lumière, c’est chauffé… ») et seraient largement improductifs, sauf peut-être les mathématiciens et les physiciens, qui sont « l’arbre qui cache la forêt ». La vérité est que la recherche est un des domaines les plus évalués : pour pouvoir être publié dans un très bon journal, mon travail est évalué par des experts internationaux (mes collègues) ; pour obtenir un contrat de l’ANR, je suis évalué par des comités d’experts, qui tiendront compte de mes publications, donc de l’avis précédent. Même chose pour les évaluations par l’AERES, par les commissions du CNRS ou de l’INSERM. Comme il sait parfaitement que c’est faux N. Sarkozy est un menteur quand il dit que les chercheurs ne sont pas évalués, et refusent de l’être. Il justifie son insulte par des chiffres sortis d’on ne sait où, car il fait aussi partie de ces ignorants qui croient que n’importe quel chiffre dit forcément la vérité, fût-ce celui donné par un thermomètre truqué ou cassé.

J’affirme que dans tous les domaines de recherche en France il y a des gens remarquables, pas seulement en physique et en mathématiques. J’affirme que dans mon domaine, l’immunologie fondamentale, les chercheurs français font jeu égal avec les chercheurs anglais, et mieux que les allemands (chiffres disponibles sur demande). N. Sarkozy pourrait faire interroger les jeunes qui ont fait un post-doctorat aux USA. Ce sont des chercheurs compétents, qui ont pu comparer directement les performances des deux systèmes. Ils disent le plus souvent qu’avec les moyens financiers qui sont les siens, la recherche française n’a pas à avoir honte de ses performances, loin de là. Mais leur avis n’intéresse pas le Président. Il veut noyer le chien CNRS. Il faut donc qu’il ait la rage.

N. Sarkozy est un homme agité, qui pense que toute réforme est bonne, même quand elle est destructrice, parce que pour lui tout changement est bon, même s’il est climatique. Il affirme que la politique scientifique doit être débattue et revue chaque année. Et il est vrai que lorsqu’il s’agit de décider de très gros équipements (comme l’EPR), un débat s’impose. Hélas, cette décision discutable (très lourde de conséquences financières) a été prise en 2005 par un gouvernement auquel appartenait N. Sarkozy, sans aucun débat public sérieux. D’autres questions, aux implications financières bien moindres, comme de savoir si on doit financer la recherche en neurobiologie fondamentale, ou s’il faut faire pression sur les neurobiologistes pour qu’ils travaillent tous sur des pathologies, Alzheimer de préférence, de telles questions ne devraient en aucun cas faire l’objet de décisions politiques, mais être laissées à l’appréciation des scientifiques. Ce n’est hélas pas le cas. Ce gouvernement veut un pilotage détaillé, effectué en bonne partie par des non scientifiques (voir la composition du dernier comité créé), et pouvoir changer rapidement et régulièrement les sujets à la mode, tout changement étant bon par définition.

Le pilotage détaillé est important pour N. Sarkozy, car il permet d’exister politiquement en multipliant les effets d’annonce, et dans la multiplication des millions d’euros déversés sur la recherche, N. Sarkozy déploie un véritable talent de joueur de bonneteau. Ce pilotage est important aussi car il permet de limiter les investissements de recherche à quelques secteurs visibles, même si cette limitation signifie l’assèchement, qui pourrait être irrémédiable, de secteurs qui auraient été précieux dans l’avenir. Pour le gouvernement, cette économie est indispensable en période de crise, même si l’on sait que faire l’économie du cerveau n’est pas la meilleure façon de préparer une économie de la connaissance. Depuis des années on nous parle jusqu’à la nausée de cette économie de la connaissance qui, en liant systématiquement recherche et innovation, tend de plus en plus à corseter l’activité de recherche. Cette politique est hélas à l’œuvre dans tous les pays développés, mais pour sa mise en place brutale, la France a le monopole des Grandes Ecoles et d’un président qui méprise les scientifiques et les intellectuels en général.

Cette volonté de pilotage étroit de l’activité scientifique, qui permet de faire faire à l’Etat de substantielles économies, est à l’œuvre aussi dans les universités. L’autonomie qui leur a été récemment attribuée permet un transfert de charges financières . On verra bientôt que pour équilibrer leur budget elles seront obligées d’augmenter fortement les droits d’inscription, donc de faire prendre en charge par les familles une partie du budget de l’enseignement supérieur. Une autre économie devrait être réalisée en supprimant l’année de stage que les personnes reçues au concours de professeur (CAPES ou agrégation) effectuaient jusque là. Cette modification dans la formation des maîtres a fait protester l’ensemble de la profession, mais N. Sarkozy et son gouvernement n’en ont cure. Même la CPU (Conférence des Présidents d’Université), structure proche du pouvoir, qui avait largement inspiré la loi LRU (relative aux Libertés et Responsabilités des Universités), et conféré des pouvoirs exorbitants aux présidents des nouvelles universités autonomes, même la CPU a récemment protesté vigoureusement contre la façon dont les réformes universitaires sont mises en place au mépris de l’opinion des personnes concernées, et avec une précipitation incompatible avec une réflexion et un fonctionnement acceptables.

Une coordination réunissant plusieurs dizaines d’universités s’est réunie précisément le 22 janvier, et a annoncé une grève totale, reconductible et illimitée si le Ministère ne retire pas, sans préalable, le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ainsi que la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.

La provocation que constitue le discours du 22 janvier de N. Sarkozy vient couronner des mois de travail de sape. La grève décidée par la coordination du 22 janvier doit être soutenue par tous ceux qui constatent la globalité de l’attaque contre notre système d’enseignement supérieur et de recherche. Elle doit être complétée par d’autres formes d’actions énergiques, à la mesure de la violence de l’agression absurde en cours.
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2373

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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  Biréli le Mar 27 Jan - 11:00

L'analyse du discours de Sarko est très pertinente. Mais qui va la lire ??? Ceux qui sont déjà convaincus. La plupart de nos concitoyens ne lisent pas de journaux ni de magazines (surtout s'ils évoquent en priorité la politique ou l'économie), les radios ne vont pas en parler et TF1 est toujours la chaîne la plus regardée. D'autre part, l'opposition n'ayant jamais été autant dispersée, il y a de grandes chances que Sarko soit réélu en 2012.
Et puis, il ne faut pas oublier que Sarko a une formation d'avocat. Même si son argumentation est cousue de fil blancs, sa façon de prendre les gens à témoin très démago, il n'en reste pas moins vrai que beaucoup de ceux qui l'écoutent (et qui ont voté pour lui) apprécient sa rhétorique.

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Tout le monde s'en fout!

Message  Laulau le Mar 27 Jan - 11:11

Sarkozy ne met en œuvre qu'une accélération du phénomène. L'entreprise de destruction de l'Université Française à commencé il y a plus de vingt ans.
Que Sarkozy ne comprenne rien à l'Université et qu'il la méprise, c'est l'évidence et d'ailleurs il est le produit de ce qu'elle a de pire.
Mais j'ai bien peur qu'il ne joue sur le velours, l'Université, en France, personne n'y comprend rien et tout le monde s'en fout. Pour s'en convaincre il suffit de lire, aussi bien la presse que les réactions des français sur les rares forums qui lui sont consacrés; ils sont affligeants de puérilité et de méconnaissance du sujet.
Notre appareil de recherche glisse lentement mais surement vers celui d'un pays sous développé; non pas que les chercheurs et enseignants-chercheurs soient des paresseux comme le dit Sarkozy mais parce que de "réforme" en "réforme" notre recherche, complètement destabilisé par un dirigisme aveugle et étroit ainsi qu'un manque de moyen chronique flirte désormais avec les dernier rang en Europe.
Je suis donc en grève tout en continuant, comme toujours, de travailler dans mon laboratoire. Mais comme toujours, le gouvernement s'en fout .... si l'université pouvait crever, il en serait ravi!
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Quoiqu'on dise...

Message  borbo le Mar 27 Jan - 11:19

Quelle que soit la médiocrité du discours, il n'en reste pas moins que l'Université est un véritable panier de crabes, dont l'incompétence du personnel est en concurrence avec la gabbegie qui y règne.
Sans réforme, l'injection de moyens supplémentaires pour la recherche consiste à verser de l'eau sur du sable.
Le rendement, en terme d'innovation, de nos universités fait plus pleurer que rire.
Les enseignants-chercheurs qui se contente de 6 h hebdomadaire et qui n'ont produit aucune publication depuis 10 ans est délirant. L'impossibilité de contrôler en fait un refuge inexpugnable.
Le gestion des examens, les emplois du temps des étudiants est un vrai scandale.
L'Université est à mettre par terre de fonds en combles.
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Il fallait s'y attendre!

Message  Laulau le Mar 27 Jan - 11:34

borbo a écrit:l'Université est un véritable panier de crabes, dont l'incompétence du personnel est en concurrence avec la gabbegie qui y règne.

Panier de crabes dans lequel le gouvernement sélectionne les plus gros pour en faire de petits chefs.




Sans réforme, l'injection de moyens supplémentaires pour la recherche consiste à verser de l'eau sur du sable.

Toujours la "réforme"! Combien de réformes en trente ans Borbo ?


Le rendement, en terme d'innovation, de nos universités fait plus pleurer que rire.

Il diminue au rythmes des "réformes" !


Les enseignants-chercheurs qui se contente de 6 h hebdomadaire et qui n'ont produit aucune publication depuis 10 ans est délirant. L'impossibilité de contrôler en fait un refuge inexpugnable.

Ah oui ? et ils représentent quel pourcentage de l'effectif ? Je pense que vu le renouvèlement des effectifs qui est entrain de s'achever, il est infinitésimal, mais bien sûr vous y croyez dur comme fer.



Le gestion des examens, les emplois du temps des étudiants est un vrai scandale.
L'Université est à mettre par terre de fonds en combles.

C'est bien ce que fait, ou plutôt achève de faire Sarkozy !
Vous êtes au premier rang pour débiter les âneries qu'il véhicule, il fallait s'y attendre.



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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  Biréli le Mar 27 Jan - 11:47

Laulau a écrit:Je suis donc en grève tout en continuant, comme toujours, de travailler dans mon laboratoire.
Euh, et aujourd'hui vous avez le temps de forumer pendant le boulot ??? lol!

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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  Biréli le Mar 27 Jan - 12:28

Mince... Ça lui a coupé le sifflet à Laulau. Il doit être retourné à ses bocaux notre chercheur ? lol!

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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  brusyl le Mar 27 Jan - 22:19

@borbo
n'en reste pas moins que l'Université est un véritable panier de crabes, dont l'incompétence du personnel est en concurrence avec la gabbegie qui y règne.
1) gabegie serait peut-être plus adapté ?
2) En parlant ainsi, vous ne faites que prolonger le simplisme manichéen sarkozien... tous incompétents... normal ils sont de l'université : vous pourriez reprendre à votre compte la conclusion de l'article "tous des crevards.....
Je ne fatiguerai pas à contredire vos propos, toute argumentation me semble inutile...
je pourrais vous citer quantité de personnes, d'authentiques chercheurs d'une fac que je connais parce que j'y travaille ( par ex le paléontologue Brunet et son équipe, "découvreurs" d'Abel et Toumaï, JP Gesson président de notre université et découvreur d'une molécule anticancéreuse...) d'authentiques pédagogues aussi,mais cela n'ébranlerait pas vos si simples certitudes.
Sachez d'autre part que je travaille pour les universités américaines : Ahhh oui !!! les meilleures ! et qui sont sans doute moins bouchées que vous parce qu'elles se battent pour faire entrer leurs Phd dans nos labo....

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Echanges

Message  borbo le Mar 27 Jan - 22:38

Combien de Post-doc français en Amérique?
J'en connais pas mal et je peux vous assurer qu'ils sont effarés de voir avec quelle fougue travaillent les "chercheurs " français restés au pays.
Vous me citez des exemples et alors?
Ils ne font pas règle.
Je juge de la globalité de nos universités.
Pas brillant! Et le pire c'est que vous vous en contentez!
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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  brusyl le Mer 28 Jan - 0:32

Vous me citez des exemples et alors?
Ah bon sang j'avais oublié "ce sont les arbres qui cachent la forêt" ! mais c'est bien sûr !
alors peut-être lirez-vous ce deuxième commentaire écrit par un autre enseignant chercheur qui peut-être vous amènera à une réflexion plus poussée (trop long pour que je puisse la copier ici)
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2377

cordialement
Brusyl

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J'ai lu/

Message  borbo le Mer 28 Jan - 11:27

Le parti pris est évident et normal.
Le prisme idéologique interdit l'objectivité de ce Monsieur.
Le défaut de la recherche en France est le formatage politique de son personnel.
Je n'ai pas connu un agent du CNRS qui ne soit pas communiste.
Cherchez l'erreur.
Combien de réformes se sont cassées les dents sur les boucliers de ses réfractaires à toute modfication de leurs statuts?
Hormis la question des moyens qu'ils jugent toujours insuffisant point d'idées.

Comment nier que l'organisation interne des grands instituts de recherche Français est de type soviétique.
La paperasserie y dépasse l'entendement.
On y dépense plus de temps en formalités qu'en recherche.
Et lorsqu'on s'avise d'établir un classement qui ne leur serait pas favorable c'est bien sûr dû aux modalités d'évaluation.
On est les meilleurs et personne ne le sait. Rageant!

Combien de recherches dont les sujets frôlent le ridicule?
J'ai connu des chercheurs CNRS, transfugent des pays de l'Est comme ils se doit, partis de leur pays en 56, vous savez la Hongrie... et qui n'en restaient pas moins de fervents Leur sujet d'études était "l'ichtyiologie alimentaire des tribus bantoues lelong de l'Oubangui".
Vous en conviendrez, étude fondamentale dont l'humanité ne pouvait se passer.
Un autre tentait de formaliser la musique des pygmées, tandis qu'un autre encore avait pour objectif de rédiger un mémoire sur la grammaire du Sangho.
Je pourrais multiplier les exemples d'une recherche totalement inutile, dont seuls les responsables, qui passaient 3 mois par an sur le terrain à glandouiller, en voyaient une utilité qu'ils jugeaient essentielle.

Allons, Monsieur le chercheur, votre argumentaire ne tient pas.
Les universitaires ont constitué des espèces de chateaux forts inexpugnables dont ils veulent faire leur fief.
Ils ne doivent aps oublier qu'ils restent au service de l'Etat et du pays, pas au service esclusif de leurs intérêts.

Et si dans l'avenir il y a moins de doctorants, où est le problème?
La pléthore actuelle dans des disciplines sans avenir les obligent à aller servir de laborantins dans les labos américains, canadiens et australiens.
Alors le réaquilibrage des disciplines est indispensables.
La fac doit cesser d'être un vivier de jeunes frustrés et redevenir un lieu de formation pour les personnels dont le pays à besoin et ne plus réserver cette fonction aux grandes écoles.

C'est tout l'édifice scolaire qu'il faut revoir et ne finir avec la démagogie.
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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  Laulau le Mer 28 Jan - 11:35

borbo a écrit:
Je n'ai pas connu un agent du CNRS qui ne soit pas communiste.
Cherchez l'erreur.


Et vous en avez connu combien d'agent du CNRS?
Vous rendez vous compte du ridicule de vos assertions ?
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En aparté.

Message  borbo le Mer 28 Jan - 11:48

Puisque vous êtes chercheur et parliez de Tumaï, vous devez savoir qu'une publication est soumise à un comité de lecture qui, généralement est constitué de chercheurs connaissant le sujet.
J'imagine les difficultés qu'a dû avoir le découvreur de Tumaï*, pour faire imposer l'idée d'une évolution humaine précoce extra-rift, face à un Monsieur comme Y.Coppens qui détenait la vérité officielle sur le sujet.
J'ai pour ma part publié sur l'Afrique Centrale à la suite de découvertes originales sur la géologie de cette région, mes idées allant à l'encontre des vieilles barbes ayant travailler dans le secteur, le CNRS a systématiquement rejeté ma cartographie et mes textes qui n'apportaient rien. Finalement cartes et textes ont été publiés par ELF qui s'interessait à la région (of course).
Quelques années plus tard les géologues du CNRS et du BRGM, ayant eu vent de cette carte m'ont demandé pourquoi je ne l'avais pas publié au C.R.A.S ou dans leur bulletin?
Le mandarinat est, vous le savez, une des caractéristiques de notre organisation scientifique.
Il bloque toute initiative c'est de ces fiefs là dont je parle.
La Recherche doit redevenir un outil au service de l'Etat et pas des mandarins en poste et de leurs écoles respectives.


*Initialement un Tchadien aujourd'hui poussé dans l'ombre par les utilisateurs français de sa découverte.
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Faut pas généraliser.

Message  Biréli le Mer 28 Jan - 12:46

A Borbo

N'ayant pas bosser dans la recherche j'voudrais pas m'immiscer dans votre débat, mais il me semble qu'on peut vous faire exactement le même le reproche que celui que vous adressiez à Laulau "Vous me citez des exemples et alors ? Ils ne font pas règle".

Tenez, mon exemple est sans doute plus trivial que votre boulot sur la géologie en Afrique centrale, mais c'est le même principe.

J'voudrais changer d'appareil photo numérique. J'ai demandé des renseignements à un vendeur dans une FNAC. Je suis tombé sur un parfait branleur, pressé, qui visiblement n'en avait rien à foutre de me renseigner correctement. Je suis allé dans une autre FNAC, et là, miracle, le vendeur était aimable, à l'écoute et compétent.

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Il faut savoir lire Laulau

Message  borbo le Mer 28 Jan - 13:51

Laulau a écrit:
borbo a écrit:
Je n'ai pas connu un agent du CNRS qui ne soit pas communiste.
Cherchez l'erreur.


Et vous en avez connu combien d'agent du CNRS?
Vous rendez vous compte du ridicule de vos assertions ?

J'en ai connu une bonnne dizaine, sans compter ceux de l'ORSTOM, tous étaient bien marqués politiquement à Gauche mais comme le dit Birelli, cela ne fait pas règle, j'en suis conscient.
Mais, curieux hasard.
Et cei n'enlève pas la lourdeur de l'entreprise qui sidère ceux qui y entrent.
Au bout de quelques années ils sont formatés et savent très bien défendre leurs intérêts. Normal, mais sont-ce les mêmes intérêts que ceux de du pays qui les paye?
Les intérêts des agents de la SNCF sont-ils les mêmes que ceux des usagers?
Pas sûr. Pourtant ce sont les citoyens usagers qui les payent.
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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

Message  mada le Jeu 29 Jan - 10:41

borbo a écrit:Quelle que soit la médiocrité du discours, il n'en reste pas moins que l'Université est un véritable panier de crabes, dont l'incompétence du personnel est en concurrence avec la gabbegie qui y règne.
Sans réforme, l'injection de moyens supplémentaires pour la recherche consiste à verser de l'eau sur du sable.
Le rendement, en terme d'innovation, de nos universités fait plus pleurer que rire.
Les enseignants-chercheurs qui se contente de 6 h hebdomadaire et qui n'ont produit aucune publication depuis 10 ans est délirant. L'impossibilité de contrôler en fait un refuge inexpugnable.
Le gestion des examens, les emplois du temps des étudiants est un vrai scandale.
L'Université est à mettre par terre de fonds en combles.

Borbo de la borboterie, vous savez mieux que personne que la "gabegie" que vous dénoncez rend bien des services à nos grands amis outre Manche et outre Atlantique. La recherche Européenne fournit 50% des chercheurs made in U S A, là-bas pas de gabegie pour former les chercheurs, l'Europe dont la France leur en fournissent au moindre prix.

Il y a de l'argent pour le train de vie de sa Majesté, de ses serviteurs, de ses amis mais pas d'argent pour un des biens communs que représente la recherche.Du fric pour payer les actionnaires de n'importe quelle entreprise, pas de fric pour payer correctement les enseignants chercheurs, les chercheurs, les gens qui font "autorité par leur savoir et leur expérience.
Obama n'a pas hésité à prendre avec lui des gens qu'il estimait plus intelligents ou tout au moins mieux qualifiés que lui pour redresser son pays alors que le Petit prend des gens dont il est sûr qu'ils ne lui feront pas d'ombre.

Le pouvoir n'a jamais comblé un système cognitif qui se limite à un égo. Le Petit, pour modifier "son conditionnement d'enfant mal aimé et gâté" a du pain sur la planche.

Le degré de crétinisme du Petit est tel qu'effectivement le commun des mortels a du mal à se le représenter.

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Re: l’horreur absolue d'une communication dévoyée

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