Pierrot, qu'est-ce j'apprends !!!

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Pierrot, qu'est-ce j'apprends !!!

Message  Biréli le Jeu 29 Jan - 14:58

Ben alors !!! Moi qui aime autant Brassens que Perret, j'en apprends de belles !!!

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2308/articles/a393298-.html

Le chanteur publie de curieux souvenirs
Perret et le pot aux roses
Dans «A cappella», Pierre Perret persiste à parler de son «ami» Paul Léautaud. Problème : il ne l'a jamais rencontré. Et ce n'est pas son seul mensonge... Enquête

Dans son nouveau livre, «A cappella», le rigolo Pierre Perret, 74 ans, apparaît sous un jour nouveau, à la fois amer et menteur. Ce récit débute courant 1954. Le 16 juin 1953, Perret avait décroché un premier prix de saxophone au conservatoire de Toulouse, et devancé l'appel pour intégrer l'orchestre du régiment du Train de la caserne Dupleix. Ayant rencontré Brassens quelques mois plus tôt à Paris où il était venu pour l'entendre chanter, Perret campe impasse Florimont dès son arrivée dans la capitale. Il se laisse pousser la moustache, se met à la guitare. Au début, Brassens et sa compagne Püpchen l'accueillent en petit frère, mais selon Jean-Paul Sermonte, président des Amis de Georges, cette dernière lui a confié que «l'omniprésence de Perret devenait pesante. Elle se demandait s'il n'était pas amoureux de Georges».

Chez Georges, la présence du romancier René Fallet incommode Perret qui se sent exclu de leurs échanges littéraires. Et cinquante-cinq ans plus tard, il le tacle. La scène qu'il rapporte aurait eu lieu aux Trois Baudets : «René Fallet avait fait un dithyrambique papier sur Georges et essayait depuis d'approcher les coulisses d'où il se faisait régulièrement éjecter. N'osant trop enquiquiner Georges, au début, c'était souvent à moi qu'il demandait de le conduire jusque dans sa loge.» Faux. L'article en question, paru dans «le Canard enchaîné» du 29 avril 1953, avait valu à Fallet cette lettre de Brassens : «Soyez assez gentil pour venir me voir aux Baudets un soir [...] et nous conviendrons d'un jour où, si vous avez le temps, nous finirons la soirée ensemble [...].» A ce moment, Perret prépare à Toulouse l'andante et l'allegro du Concerto de Tomasi pour l'examen du conservatoire.

Quand Perret entend Fallet réciter du Léautaud de mémoire, il surenchérit : lui, il connaît personnellement le «sauvage» de Fontenay-aux-Roses. Brassens l'écoute poliment raconter qu'il a fait découvrir «le Parapluie» et «le Gorille» à l'écrivain, qui, écrit-il, aurait apprécié «l'originalité, l'humour, la causticité et la forme poétique». Problème : Perret n'a jamais rencontré Léautaud. Le petit mensonge va devenir une grosse imposture, et Perret ira jusqu'à écrire «Adieu, monsieur Léautaud» (1972), un livre censé retranscrire ses conversations avec le célèbre misanthrope. Sept ans plus tôt, le fanfaron avait déjà fait part de son projet à Raphaël Valensi, de «l'Aurore» : «Le chanteur Pierre Perret prépare un livre très documenté sur Paul Léautaud qui, trois années durant, l'a hébergé et lui a donné, en héritage, une partie de sa correspondance avec les grands du monde de la littérature.» Furieuse, Marie Dormoy, exécutrice testamentaire et légataire universel de Léautaud, bombarde le journal de courriers, dont voici un extrait : «Depuis l'année 1933 jusqu'à celle de sa mort -1956 - j'ai été en relations presque continuelles avec Paul Léautaud. Jamais je n'ai rencontré chez lui Pierre Perret.»

La réplique va contraindre le faussaire à plus de modération, qui va désormais donner moult versions de sa relation avec l'écrivain. En fait, avancera-t-il d'abord, il a juste eu «la chance d'échanger» avec lui de 1953 à 1955 (ou de 1954 à 1956, ça dépend...). Et puis non, il ne l'a rencontré qu'à la fin août 1954, et jusqu'à six mois avant sa mort. Léautaud lui aurait tantôt offert la correspondance de Stendhal, tantôt l'aurait marchandée pour lui. Perret dit encore n'avoir jamais vu Marie Dormoy, avant d'affirmer plus loin l'avoir aperçue en train de roucouler avec le vieillard dans son jardin... Or il n'y a pas la moindre trace de ces visites dans le «Journal littéraire» de Léautaud (19 volumes), où l'on apprend que l'écrivain, très diminué, ne sortait plus guère. Impensable donc que ce dernier ait donné rendez-vous à Perret au Luxembourg pour une tournée des bouquinistes. Un détail discrédite définitivement le chanteur. Lui qui tient que cette promenade à Saint-Michel a eu lieu le lendemain de sa rencontre avec Léautaud, le 27 août 1954, devait se présenter ce jour-là à la caserne pour la première fois. «De toute façon, pour Léautaud, j'aurai déserté...», dira-t-il aux caméras d'«Italiques», diffusée le 3 février 1972 par l'ORTF. En août 1954, Pierre Perret avait 20 ans passés (il est né le 9 juillet 1934), alors, on l'a vu, qu'il avait selon ses propres dires devancé l'appel. Pour dresser le portrait de Léautaud, Perret a puisé dans le Journal de l'écrivain et ses entretiens de ce dernier avec Robert Mallet, parus en 1951. Ironie sur sort, Marie Dormoy se liera d'amitié avec Brassens et ses amis Fallet et Poletti. Il existe un enregistrement amateur où les quatre conversent. Jamais il n'est question de Perret, qui aurait inventé cette histoire pour briller aux yeux d'un Brassens qu'il démolit aujourd'hui. Ce dernier lui aurait tourné le dos suite au triomphe du «Tord- boyaux» ! «Je crois que mon succès l'a fait chier», ose-t-il dans «Ouest-France» (20 décembre 2008). A lire «A cappella», le coup de froid entre eux est antérieur, il daterait, selon Perret, du moment où il donna à entendre ses premières chansons à Brassens, qui n'en dira jamais rien. Mais comment Perret peut-il attaquer aujourd'hui celui qui lui a ouvert sa porte et glissé des billets quand il ne mangeait pas à sa faim ? Agathe Fallet, la veuve de René Fallet, est ulcérée par ces propos : «Croyez-vous vraiment que Brassens ait pu prendre ombrage du succès de Perret, un Brassens au sommet de sa gloire ? C'est Pierre Perret qui a laissé tomber Brassens quand il a eu succès et argent.» Mario Poletti, autre ami de Brassens, ajoute : «Georges ne comprenait pas pourquoi il avait disparu. Un jour où j'ai croisé Perret, je lui ai demandé pourquoi on ne le voyait plus. Il m'a répondu : «Je n'ai plus le temps».» Si Perret n'avait pas été certain de l'amitié du Sétois, comment se serait-il autorisé à lui demander d'urgence une somme colossale pour la maison qu'il souhaitait se faire construire vers 1960 ? Cette lettre inédite a été postée à Castelsarrasin peu après son retour du sanatorium :

«Mon vieux Georges,
Je t'écris parce que je suis dans l'embarras. [...] J'ai trouvé enfin 500 m2 à bâtir dans la vallée de Chevreuse. [...] Si tu peux m'avancer du pèze, il m'en restera moins à trouver sur ces foutus 500 000 balles. [...] Ma vieille, ménage-toi. J'espère à bientôt.
P. Perret.»
Perret enrage d'avoir toujours été considéré comme une pâle copie de Brassens. Qu'il ne cesse pourtant de piller par ailleurs. Après l'échec de l'album «Mélangez-vous», Perret, en mal d'inspiration, reprend à son compte le projet que le Sétois n'a pas eu le temps de réaliser. «Trois ans avant sa mort, confie Mario Poletti, Georges projetait d'enregistrer un disque de chansons de salles de garde.» En 2007, Perret sort «le Plaisir des Dieux» où il annonce un prétendu inédit de Brassens, «le Petit-Fils d'oedipe». Faux. «Ce texte avait été mis en musique et enregistré par Jacques Munoz en 2001», explique Pierre Schuller, président de l'association Auprès de son arbre. Et ça continue avec «les Dieux paillards» (2008), où Perret recycle sans vergogne «le Grand Vicaire», une chanson traditionnelle que Brassens avait coupée et adaptée en citant sa source, dont Perret a reproduit la structure et vendu sans citer aucune des versions précédentes. Serge Cazzani, ayant droit de Brassens, nous a déclaré qu'il n'attaquerait pas Pierre Perret, bien que ce dernier cherche à salir la mémoire de son oncle : ««La vérité va au gré des saisons», comme disait tonton.»

Perret «s'inspirera» aussi d'un poète disparu pour écrire «Blanche». Cette femme dont «les cuisses fuyaient comme deux truites vives» rappelle furieusement «la Femme adultère» de Garcia Lorca, dont les «cuisses s enfuyaient sous moi comme des truites effrayées»... Un bouquiniste chez qui Perret se fournit en auteurs grivois raconte qu'«il est friand des auteurs méconnus du XVIIIe. Il me demande toujours à combien d'exemplaires les recueils ont été tirés. Au bout d'un moment, j'ai compris pourquoi : il les pillait et avait peur que ça se sache». Ainsi a-t-il puisé dans Alphonse Momas ou Mercier de Compiègne...
Pierre Perret, qui a refusé de nous rencontrer, ferait bien de méditer cette phrase : «Aimer, c'est préférer un autre à soi-même.» Elle est de Paul Léautaud.

«A cappella. Des Trois Baudets à l'Olympia», par Pierre Perret, Le Cherche Midi, 380 p., 22 euros.

Sophie Delassein
Le Nouvel Observateur

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Re: Pierrot, qu'est-ce j'apprends !!!

Message  ecolo1 le Ven 30 Jan - 0:55

Abasourdi ! Y a pas d'autre mot, si c'est réellement la vérité. Je connaissais la brouille entre les deux chanteurs que j'admire également, et l'histoiredu billet que Georges aurait donné à Pierre lorsqu'il a été en sana (et pas pour acheter une baraque à Sète) .
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Re: Pierrot, qu'est-ce j'apprends !!!

Message  Biréli le Mer 4 Fév - 19:57

Suite du feuilleton :

http://www.lejdd.fr/cmc/chroniques/200905/pourquoi-tant-de-haine_183895.html

Dimanche 01 Février 2009
Pourquoi tant de haine?

Par Pierre PERRET Accusé dans un article du Nouvel Observateur de la semaine dernière d'avoir menti sur ses relations avec Paul Léautaud et Georges Brassens, Pierre Perret sort pour la première fois de son silence et annonce qu'il porte plainte pour diffamation.

Accusé, Pierre Perret se défend. (DR)
Vous avouerez tout de même une chose, ma chère petite journaliste, qui m'avez préparé ce poulet à propos de mon livre, A Cappella*, vous avouerez, j'espère, qu'il est plutôt extraordinaire qu'un "faussaire" de ma trempe - je vous cite - ait réussi à remplir des salles, - tout seul comme un grand - en n'étant, je vous re-cite, qu'une "pâle copie de Brassens", un menteur de surcroît et un "gros imposteur". Cela n'est guère gentil pour les millions de "crétins" qui, depuis tout ce temps, sont venus m'écouter dans une salle, ont acheté un livre, un disque ou leur ticket d'entrée dans un théâtre pour venir entendre le "rigolo Pierre Perret" sans s'apercevoir de cette immonde supercherie.

Je suis impatient d'apprendre comme vous allez démontrer - et prouver - que "je n'ai jamais rencontré Léautaud", que je n'ai jamais cessé de "piller Brassens" avec les "chansons de corps de garde" que j'ai enregistrées. La seule chanson que Georges ait adaptée (pour les paroles) est, à ma connaissance, Le Petit-Fils d'Œdipe, que j'ai enregistrée après que son neveu Serge Cazzani m'eut obligeamment autorisé.

Vous citez un ancien chroniqueur du journal L'Aurore à qui j'aurais déclaré, vers les années 1970, que je préparais un livre très documenté sur Léautaud. Lequel, d'après mes dires, m'aurait, trois années durant, hébergé et donné en héritage une partie de sa correspondance avec "les grands du monde de la littérature". Lorsque l'on connaît Léautaud, tel que je l'ai connu, peut-on imaginer une telle aberration? Hormis ses chats, ce dernier n'a jamais "hébergé" qui que ce soit, même pas ses maîtresses - même pas Marie Dormoy! Je l'ai vu, en revanche, brûler sans vergogne dans son jardin une partie de cette correspondance et même des brouillons de son journal par une belle après-midi ensoleillée d'où cette pauvre Marie Dormoy était absente.

Oui je suis friand de littérature, oui j'ai lu des livres tout au long de ma vie et je continue, oui je veux bien rencontrer votre ami "le bouquiniste" et qu'il me dise en face et nommément quels sont les noms des "auteurs que j'ai pillés en ayant peur que ça se sache".

Oui j'ai écrit effectivement à Georges, dans les années 1960, pour lui demander, après avoir envisagé d'acquérir un petit terrain à bâtir, de me prêter quelques sous, car, lui écrivais-je, "si tu peux m'avancer du pèze, il m'en restera moins à trouver sur ces foutus cinq cents mille balles" (qui étaient le prix de ce lopin). Non, cela n'était pas une "somme colossale" que je réclamais, mais seulement quelques sous. Moi, je sortais du sana. Le maître avait assurément d'autres chats à fouetter car il n'a jamais répondu à ma requête.

Oui, c'est bien inconsciemment que je me suis inspiré du vers de Garcia Lorca à propos de l'image des "cuisses qui fuyaient comme deux truites vives" au lieu de "qui s'enfuyaient sous moi comme des truites effrayées", dans son poème La Femme adultère. C'est moi-même qui dénonce dans mon livre ce "monstrueux plagiat".

Non je n'ai pas enregistré récemment la chanson Le Grand Vicaire que Brassens avait "coupée et adaptée". Je n'ai enregistré que la version traditionnelle, adaptée par moi. Lorsque l'on écrit à la légère de si lourdes accusations, il faut s'apprêter à "rendre des comptes". Il vous faudra bientôt justifier point par point toutes ces insanités tenues à mon propos. Ma chère petite journaliste, pourquoi ces insultes, ces propos diffamatoires, ces mensonges?

Au contraire de vos dires, je n'ai jamais "attaqué", ni démoli Brassens. Dans A Cappella, j'ai simplement dit la vérité. J'ai crié merci à tous ceux qui m'ont aidé sur ma route. Lucien Morisse en tête, ainsi que tous ceux qui sont venus chanter pour moi à l'Olympia et qui m'ont en quelque sorte sauvé la vie. Georges, que j'avais pris pour un ami, n'était pas de ceux-là. Est-ce outrageant que de l'avoir dit? Je suis ingrat, direz-vous? Je ne crois pas. Ce qui est sûr, c'est que j'étais déçu, voilà la vérité. J'aime profondément et depuis toujours ce qu'a écrit Georges. Je ne l'ai jamais pillé: je suis un homme honnête et j'ai toujours bu dans ma tasse.

En conclusion, vous m'avez dans votre petit poulet traité de menteur, de faussaire, d'imposteur, de pillard d'oeuvres! Je sens que cela vous rendrait heureuse si vous parveniez à "discréditer le chanteur" et l'homme. Eh bien, je ne vous laisserai pas ce plaisir... Je me ferai une joie, en revanche, d'en référer à une mignonne dont j'ai vanté maintes fois les vertus dans mes couplets et défendu la cause bec et ongles contre ceux qui bafouent la vérité, l'honneur, la dignité, elle s'appelle la Justice.

*Le Cherche-Midi.

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Re: Pierrot, qu'est-ce j'apprends !!!

Message  velo le Mer 4 Fév - 21:26

Merci grand, abasourdi, je le suis beaucoup moins, m'étonnais aussi que l'ami Pierrot laisse dire ça ! Comme quoi, il ne sert à rien d'hurler avec les loups (j'ai du le dire ailleurs !). L'affaire va aller en justice, c'est nomal, mais je suis plus enclin à croire PP qu'une journaliste en mal de copie ! On verra bien.

velo

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