L'arrêt des trafics contre un boulot

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L'arrêt des trafics contre un boulot

Message  Biréli le Sam 25 Juil - 9:50

Ça vous inspire quoi cet article ????

http://www.liberation.fr/societe/0101581538-le-deal-de-la-juge-pour-enfants-l-arret-des-trafics-contre-un-boulot

Le «deal» de la juge pour enfants : l’arrêt des trafics contre un boulot
Justice. A Paris, une magistrate tente de casser la spirale de la délinquance juvénile
.

Marco (1) arrive casqué. Epais blouson, grosses baskets, démarche chaloupée, montre, gourmette et bagues qui clinquent. Une fois le casque de moto enlevé, c’est un visage de poupon qui ne fait pas ses 20 ans, un sourire naïf désarmant. Il y a deux ans, Marco était trafiquant de drogue dans le XXe arrondissement à Paris. Son casier, long comme celui d’un vieux bandit, témoigne aussi d’autres spécialités : cambriolages, vols à la tire, recels… «Du bizness, résume-t-il, c’est comme ça que je gagnais ma vie.»

Aujourd’hui, Marco est livreur à domicile pour une société de restauration, jeune père «rangé» de jumeaux en bas âge. Un «changement d’orientation», rit-il, qui a pour origine la rencontre avec une juge des enfants, Marie-Pierre Hourcade. Vice-présidente au tribunal pour enfants de Paris, celle-ci lui a proposé un «marché» : du travail contre l’arrêt du trafic. Marco était alors sur le point de fêter ses 18 ans. «Je venais la voir pour un problème de délinquance, comme d’habitude, se souvient-il. Et elle, elle m’a parlé d’un boulot. J’en revenais pas.»

«Mon taf». Marco fait partie des premiers jeunes ayant bénéficié d’une action expérimentale baptisée «Lutte contre le trafic». «Il ne s’agit pas de récompenser leur délinquance par du travail, insiste Marie-Pierre Hourcade, à l’origine du projet. Mais de casser une logique, en remplaçant des revenus illicites par des revenus licites. On se rend compte que ces jeunes sont prêts à gagner moins en échange de la stabilité et du statut social qu’apporte un vrai travail.» L’idée est venue de l’observation. «Dans le XXe arrondissement, beaucoup de jeunes voient le trafic de drogue, de portables ou de matériel volé comme un moyen comme un autre de gagner de l’argent. Ce n’est pas de la délinquance de rébellion, ça n’est pas pour s’acheter de la drogue car ils ne consomment pas, ils nous disent : c’est mon taf.»

En 2007, la juge commence à contacter des entreprises intéressées. Le ministère de la Justice et la mairie de Paris soutiennent le projet. En 2008, sept garçons et une fille sont embauchés. Alain Lempereur, coordinateur de l’association d’insertion Mediation 20 se charge de raccorder leurs «désirs» - «souvent très inspirés des films américains, genre garde du corps de stars avec une mallette pare-balles» - à une réalité d’offres d’emplois encore peu fournie. «Les entreprises sont méfiantes, dit-il. Elles savent que ce ne sont pas des enfants de chœur. A nous de leur expliquer qu’il s’agit de jeunes débrouillards, avec des compétences transférables.» A eux, aussi, de préparer des jeunes «qui n’ont plus mis les pieds à l’école depuis des années, qui vivent la nuit et dorment la journée», à un rythme plus soutenu et structuré.

Pour Marco, la transition n’a pas posé de problème. Enthousiasmé dès la première heure par un job pourtant peu glamour dans une entreprise de propreté. «J’avais déjà bossé un peu à droite, à gauche comme coursier, dit-il. Mais un vrai travail avec un vrai salaire, c’était la première fois.» Payé 1 200 euros net, il embauche tous les jours à 7 h 30 et fait du décapage de sols, de vitres… L’entreprise envisage un CDI, mais la crise éclate. «Ils ont perdu des clients, ils ne pouvaient pas me garder», philosophe Marco. Qui un mois plus tard décroche un contrat ferme dans l’entreprise de restauration où il est toujours. «Le travail, on y prend goût, sourit-il. Gagner de l’argent sans prendre de risque, ça a beaucoup d’avantages.»

Semi-liberté. Karim, 21 ans, partage la même maxime. Jean noir, tee-shirt rose, tchatche et sourire charmeurs, il travaille depuis trois mois dans un service chargé de la formation à la mairie de Paris. «Le travail, c’est la sérénité, dit-il. Quand tu vends de la drogue, t’es jamais tranquille, t’as toujours peur qu’un mec te balance, que les keufs débarquent.» Condamné en 2007 à deux ans et demi de prison ferme pour trafic de stupéfiants, Karim a pu obtenir une semi-liberté en avril grâce à cet emploi. Il gagne 1 100 euros net par mois et dit qu’il «s’éclate» : «Ma chef m’explique tout, me permet de découvrir plein de choses, me fait confiance.» Elevé par une mère célibataire à côté de la rue Myrha (une des «plaques tournantes» de la drogue à Paris, dans le XVIIIe arrondissement), Karim a «gravi les échelons de la délinquance» : petits vols et trafic de shit au collège, puis deal de crack et cocaïne. Il n’a jamais consommé. «Je gagnais un paquet de fric. Mais arrive un moment où t’en peux plus de voir des gens malades toute la journée. De penser qu’ils peuvent mourir à cause de toi. Tu peux pas t’épanouir en faisant ça.»

Aujourd’hui, Karim dit qu’il a «franchi un cap». «Je serais ressorti sans travail, sans argent, y’aurait eu un gros risque que je recommence, réfléchit-il. Mais là, de voir qu’il y a des gens qui croient en moi, qui me donnent une chance, j’ai plus envie d’aller vendre. Je sens que je peux aller beaucoup plus loin dans le travail que dans le trafic.»

(1) Les prénoms ont été modifiés

Biréli

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Chiche!

Message  borbo le Sam 25 Juil - 10:18

Je suis pour à 100%.
J'ai toujours pensé que très peu de jeunes délinquants accepteraient des jobs contraignants rémunérés une poignée de figues en échange de leur deal ou autres revenus illicites leurs permettant de rouler en grosses bagnoles et d'épater les meufs.
Un bon moyen de me donner tort.
Cela vaut le coup d'essayer.
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Ben ça alors !

Message  Biréli le Sam 25 Juil - 10:50

Ben mierde alors, vous me la coupez (la chique) Borbo !

N'est-ce pas une prime à la délinquance ? Une injustice par rapport à ceux qui sont honnêtes et qui ont du mal à trouver un job en cette période de crise ?

J'suis p't'êt' plus réac que vous finalement...

Biréli

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Pourqoi pas

Message  borbo le Sam 25 Juil - 11:00

Biréli a écrit:Ben mierde alors, vous me la coupez (la chique) Borbo !

N'est-ce pas une prime à la délinquance ? Une injustice par rapport à ceux qui sont honnêtes et qui ont du mal à trouver un job en cette période de crise ?

J'suis p't'êt' plus réac que vous finalement...

Cela ne changera pas le sort des gens honnêtes mais retirera de la circulation (je vous ai dit mon scepticisme) les perturbateurs.
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Re: L'arrêt des trafics contre un boulot

Message  Biréli le Sam 25 Juil - 11:28

borbo a écrit:Cela ne changera pas le sort des gens honnêtes mais retirera de la circulation (je vous ai dit mon scepticisme) les perturbateurs.
Peut-être après tout. N'empêche, les taulards prioritaires pour décrocher un emploi ça surprend. Si ça se généralise ça risque de réagir.

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Un refus de greffe de foie au Royaume uni

Message  Biréli le Sam 25 Juil - 13:03

Là ça se passe en Grande-Bretagne.
Les commentaires du forum sur le site sont intéressants.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/un-refus-de-greffe-de-foie-cree-la-polemique-au-royaume-uni_776594.html

Un jeune Britannique de 22 ans, atteint par une cirrhose après avoir abusé de l'alcool pendant la moitié de sa vie, est décédé après que les autorités médicales lui ont refusé une greffe de foie. Une décision qui fait grand bruit au Royaume-Uni.

Fallait-il refuser de greffer un nouveau foie à un jeune homme alcoolique de 22 ans souffrant de cirrhose, parce que les autorités médicales n'avaient pas l'assurance qu'il ne boirait jamais plus? La polémique est lancée, au Royaume-Uni, après le décès de Gary Reinbach, ce lundi.

Le jeune Britannique tombe dans le piège de l'alcool à partir de l'âge de 11 ans, après le divorce de ses parents. Boit de plus en plus, se saoûle à la vodka tous les jours à seulement 13 ans. Et devient ce qu'on appelle un "binge-drinker", un jeune qui recherche l'ivresse à toute vitesse. Il se repent, s'inscrit aux Alcooliques anonymes, tente de sortir de la spirale. Mais la cirrhose attaque son foie.

Il est admis à l'hôpital, il y a dix semaines. Rapidement, l'avis des médecins de l'University College Hospital tombe: une greffe lui donnerait 75% de chance de survie, alors que d'autres traitements seraient bien moins efficaces.

Mais il y a une condition posée à cette intervention: le patient doit être sobre depuis six mois pour la subir et les médecins exigent des preuves qui ne replongera pas. Condition qui motive le refus de greffe dans le cas de Gary Reinbach, décédé ce lundi.

"Cette situation illustre le dilemme que les médecins rencontrent à cause de la pénurie de dons d'organes", explique la NHS (National Health service), l'autorité sanitaire britannique. "Il doivent faire des choix difficiles", lit-on sur le site de BBC News. Des critères stricts sont aussi posés dans le cas de patients obèses ou fumeurs depuis quelques années.

"Il fallait lui laisser une seconde chance"

Ce choix, la famille du jeune homme ne le comprend pas. Sa mère, Madeline Hanshaw, dit toute son amerture au Evening Standard: "Ces règles sont injustes. Je ne dis pas qu'il faut donner une greffe à ceux qui font des allers et retours incessants dans les hôpitaux et se font du mal à eux mêmes, mais juste qu'il faudrait laisser une seconde chance à des gens comme Gary, qui ont fait une bêtise".

Quant à la preuve de sa future sobriété, "comment aurait-il pu l'apporter?", s'ingurge-t-elle. "Il était dans une chaise roulante ces deux derniers mois, ne pouvait plus ni marcher ni parler". Dans la presse, ce week-end soit juste avant le décès de son fils, elle explique combien il désirait vivre.

Les Britanniques sont divisés sur la question. Et les commentaires sont nombreux sur les articles de la presse britannique en ligne. Sur le Evening Standard, par exemple, Cat dont le fils a reçu une greffe de foie estime que "les patients qui attendent une transplantation sans avoir commis de faute doivent être prioritaires face à ceux qui se sont infligés cette maladie". La décision des médecins est "clairement justifiée", estime quant à lui Chris, sur le site du Times.

Les internautes se sont emparé de la question du don d'organes, mais aussi de l'alcoolisme des jeunes. "Où étaient ses parents quand il avait 13 ans?", interrogent plusieurs lecteurs de ces deux sites qui soulignent le drame du "binge drinking" répandu au Royaume-Uni.

Si certains soulignent la responsabilité du jeune et de ses parents, d'autres rappellent que l'alcoolisme est une maladie, à l'instar d'Ant, sur le site du Evening Standard: "Il était malade. Il voulait changer". "Il aurait du être aidé, pas condamné à mort par des bureaucrates", s'insurge David, un autre internaute. Le cas de Gary Reinbach a d'ailleurs été recensé par le blog National Death Service, qui dénonce les décès ou les blessures occasionnés par la bureaucratie ou des dysfonctionnements du système de santé.

Mais globalement, malgré la compassion qu'ils expriment à l'égard de la famille du jeune homme, les Britanniques estiment que la décision des médecins se justifie. A la question: "fallait-il que Gary Reinbach reçoive cette greffe?", 60% des internautes qui ont répondu au sondage sur le site du Daily Mail répondent "non".

Biréli

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Curieux

Message  borbo le Sam 25 Juil - 13:09

La mère, si prompte à la réclamation, aurait dû proposer une partie de son foie à son fils.
Génétiquement la mère est proche de ses enfants.
Dans la mesure où il y a pénurie de donneurs, je comprends la prise de position des médecins.
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Pour revenir aux délinquants.

Message  borbo le Sam 25 Juil - 13:14

borbo a écrit:La mère, si prompte à la réclamation, aurait dû proposer une partie de son foie à son fils.
Génétiquement la mère est proche de ses enfants.
Dans la mesure où il y a pénurie de donneurs, je comprends la prise de position des médecins.

Je crois très peu à la réinsertion des délinquants par le travail car le mauvais pli est pris et la prison pour eux est une médaille. mMis ceci a l'avantage de faire taire ceux qui prétendent que la délinquance se nourrit du désoeuvrement.
Même vis à vis du délinquant, cette proposition a l'avantage de lui enleve l'excuse commode qui consiste à dire : "je trafique, je vole, je deale, parce que je n'ai pas d'emploi."

La balle est dans son camp.
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