Dreyfus, encore un antisémite!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Dreyfus, encore un antisémite!

Message  Laulau le Jeu 1 Oct - 13:33

« L’antisémitisme à gauche est marginal »

L’historien
Michel Dreyfus analyse le « paradoxe » de l’antisémitisme à gauche, de
1830 à nos jours. Il démontre que celui-ci n’a jamais constitué en
France un courant « spécifique » Et dénonce les accusations
injustifiées portées aujourd’hui par certains intellectuels.

Politis :
Pourquoi vous être intéressé à la question de l’antisémitisme à
gauche ? Celui-ci ne devrait-il pas être antinomique à la gauche ?


Michel Dreyfus : J’ai toujours été engagé à gauche,
et par ailleurs mon nom, Michel Dreyfus, est extrêmement connoté. La
question m’intéressait donc, et ce d’autant plus qu’elle n’a jamais été
traitée dans son ensemble : d’où la nécessité de le faire. Parler d’un
antisémitisme de gauche laisserait supposer qu’il y a aussi un
antisémitisme de droite. Or, j’estime qu’il n’y a pas un antisémitisme
de gauche original, à l’exception peut-être de la première période, au
milieu du XIXe siècle. En revanche, la gauche s’est laissé parfois
imprégner par un certain nombre de « théories » en provenance de la
droite. Enfin, il faut souligner qu’aucune organisation de gauche n’a
jamais mis l’antisémitisme à son programme, même si certains de ses
membres ont tenu des propos antisémites. Je pense donc qu’au lieu de
parler d’un antisémitisme ­spécifique à la gauche – qui n’a pas
existé –, il faut dire qu’il y a eu parfois un antisémitisme « à »
gauche.

Vous montrez que l’antisémitisme à gauche a toujours été assez marginal, après l’antisémitisme « économique » du XIXe siècle

Les premiers socialistes (Fourier, Proudhon, plus encore Toussenel)
expliquent en effet, mais de façon fausse, la naissance du capitalisme
par le rôle des Juifs. Cela s’explique largement par l’image des
Rothschild, alors en plein essor, en France comme en Europe. Cette
image perdurera un ­siècle : en 1962, Georges Pompidou, devenant
Premier ministre, sera présenté avec insistance comme l’ancien
« directeur général de la banque Rothschild ». Or, dans cette histoire,
les images sont absolument fondamentales. La grande rupture intervient
ensuite avec l’affaire Dreyfus, précédée depuis une quinzaine d’années
par la naissance de l’antisémitisme moderne, symbolisé par la France juive
de Drumont (1886). Ce livre a largement imprégné la gauche, et un
certain nombre de socialistes et d’anarchistes s’y sont laissé prendre.
Avec l’affaire Dreyfus, la gauche prend conscience de la nature
réactionnaire de l’antisémitisme. Dans l’histoire du socialisme,
l’Affaire constitue un tournant fondamental dans la mesure où la
question des valeurs universelles, de la défense de la démocratie et de
la République est désormais posée. Aussi, après le « J’accuse » de Zola
en 1898, très rares sont les militants qui tiennent un langage
antisémite, et ceux qui le font encore prennent désormais toujours la
précaution de dire qu’ils ne sont pas antisémites.

On connaît bien l’histoire de la montée de l’antisémitisme
dans les années 1930, qui, à gauche, touche surtout les milieux
pacifistes. Mais après le génocide des Juifs par les nazis, il est
devenu quasi impossible de se dire antisémite. Pourtant, vous montrez
que la perception du génocide est alors tout à fait différente de celle
qu’on en a aujourd’hui.


En effet. Dans les premières décennies d’après-guerre, le déporté,
dans l’imaginaire collectif, est d’abord le résistant, alors que le
déporté juif apparaît très peu. Une chose extraordinaire est, par
exemple, le fait que dans le film Nuit et Brouillard d’Alain
Resnais, réalisé en 1956, le mot « juif » n’est prononcé qu’une seule
fois ! Cela montre le climat de l’époque. Or, durant cette période, la
culture de ­l’anti­fascisme est quasiment hégémonique à gauche, et
seuls quelques milieux d’extrême gauche, tout à fait minoritaires, ne
sont pas antifascistes car ils analysent la Seconde Guerre un peu comme
l’ont fait les socialistes avant 1914, c’est-à-dire comme un simple
affrontement entre deux impérialismes mis sur le même plan. C’est dans
ces milieux que l’on note un certain antisémitisme, et c’est là aussi
où naît le révisionnisme, conçu par Paul Rassinier, ancien déporté et
socialiste.

Le grand changement intervient avec la création de l’État
d’Israël, mais surtout à partir de la guerre des Six-Jours. Qu’est-ce
qui va alors changer ?


L’extrême gauche s’intéresse assez peu à l’État d’Israël dans ses
premières années, mais tout change avec la guerre des Six-Jours en
1967. La mobilisation en faveur de la cause palestinienne commence
alors à se développer dans la gauche française. Depuis l’émergence du
sionisme, le PCF et l’extrême gauche ont rejeté ce courant, sans
arguments antisémites cependant, tandis que la social-démocratie l’a
soutenu ; la SFIO s’est faite ensuite le meilleur soutien d’Israël. Une
frange très minoritaire de l’extrême gauche anticolonialiste, à
l’instar de l’avocat Jacques Vergès, verse dans une critique toujours
plus virulente d’Israël avec un discours antisémite de plus en plus
net. À partir de la décennie 1970, ce qu’on va appeler l’ultragauche
adhère au révisionnisme puis aux délires négationnistes de Robert
Faurisson.

Vous montrez bien que tout cela reste, à gauche, extrêmement
minoritaire. Pourtant, depuis une bonne dizaine d’années, un certain
nombre d’intellectuels médiatiques ne cessent d’accuser l’extrême
gauche et la gauche d’antisémitisme, du fait de ses critiques contre la
politique israélienne. Pourquoi ?


Tout d’abord, j’estime que, sur cette question, on ne peut se
contenter d’observer les prises de position des uns et des autres : il
convient aussi de mesurer leur influence dans l’opinion. On trouve
trace parfois de positions antisémites dans certaines franges de
l’extrême gauche, mais elles restent tout à fait marginales. N’oublions
pas en revanche que le seul parti politique qui refuse de condamner
Vichy a accédé, en 2002, au second tour de l’élection présidentielle.
On le voit, le poids n’est pas du tout le même entre cette extrême
droite et les petits groupes d’extrême gauche, même si l’antisémitisme
est aussi condamnable d’un côté que de l’autre. Maintenant, il faut
s’interroger sur les raisons de ces attaques médiatiques contre la
gauche. Il me semble y avoir, à gauche, une certaine dilution de la
culture antifasciste. En 1980, après l’attentat contre la synagogue de
la rue Copernic, plus de 300 000 personnes ont défilé aux cris de :
« Le fascisme ne passera pas ! » Je ne suis pas sûr qu’il en serait de
même aujourd’hui. La gauche ne se mobilise sans doute pas assez de nos
jours contre les expressions d’antisémitisme, peut-être en raison des
difficultés qu’elle traverse. Mais la ­raison fondamentale tient à
l’absence, pour l’instant, de solution au conflit israélo-paslestinien,
et surtout au fait que celui-ci est instrumentalisé par ceux qui
accusent la gauche d’antisémitisme, accusation totalement injustifiée
selon moi : pour ces accusateurs, toute critique contre la politique
israélienne est antisémite.

Vous ne niez donc pas l’existence d’une certaine inquiétude
dans la communauté juive de France quant à la montée d’un certain
antisémitisme en France, lié essentiellement à la question
palestinienne. Pourtant, n’y a-t-il pas une responsabilité de ses
représentants officiels lorsqu’ils acceptent que les gouvernements
israéliens prétendent parler au nom de tous les Juifs ?


Bien entendu. Je rappelle en introduction de mon livre que le Crif
n’a pas invité à son dîner annuel, en mars dernier, le PCF et les
Verts, au motif que, dans une manifestation à laquelle ils ont
participé contre la sanglante opération de l’armée israélienne à Gaza,
il y a eu quelques débordements antisémites. Dénoncer le PCF et les
Verts comme des antisémites à partir du constat de ces débordements est
ridicule et montre le climat passionnel entretenu par ce type
d’accusations. J’estime qu’on a le droit de critiquer, non pas
l’existence de l’État d’Israël, mais la politique du gouvernement
israélien, au même titre qu’on peut le faire de celle du gouvernement
de la Russie, de la Finlande ou de tout autre pays, sur tel ou tel
point. Cette attitude me rappelle celle des communistes qui
n’admettaient aucune critique contre l’URSS sous Staline. Dire que la
France serait aujourd’hui menacée d’une vague d’antisémitisme sans
précédent depuis les années 1930 est complètement faux. Tout comme le
sont les évocations, faites à plusieurs reprises par ce même type
d’accusations, entre la situation actuelle et la « Nuit de cristal »
où, en novembre 1938, les nazis organisèrent en Allemagne le pogrom le
plus important survenu en Europe occidentale depuis des siècles. Il est
indigne d’accuser la gauche de tenir un discours antisémite, comme il
le serait tout autant de le dire pour la droite républicaine. Des
attaques de ce type visent aussi à affaiblir encore davantage la
gauche, qui connaît aujourd’hui une crise profonde.
.





1898

Parution du texte « J’accuse », d’Émile Zola. L’Affaire Dreyfus
signe la fin de l’antisémitisme « économique » associant les riches aux
Juifs, qui touchait certains secteurs de la gauche.

1945

Après le génocide des Juifs d’Europe par les nazis, l’antisémitisme,
assimilé au fascisme, est rarissime à gauche. Pourtant, le
révisionnisme naîtra dans des franges marginales de l’extrême gauche,
avant de s’éloigner de celle-ci.
1967

À partir de la guerre des Six-Jours, une partie de la gauche
critique fortement la politique israélienne. Certains secteurs
marginaux de l’extrême gauche glisseront alors dans l’antisémitisme et
le négationnisme.
avatar
Laulau

Messages : 1238
Date d'inscription : 29/10/2007
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

????

Message  borbo le Ven 2 Oct - 13:51

Et alors?
avatar
borbo

Messages : 1292
Date d'inscription : 05/12/2007
Age : 70
Localisation : La Londe les Maures

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

mano a mano

Message  borbo le Sam 3 Oct - 9:58

Vous devriez chercher les articles qui montrent une étrange complicité entre l'extrême gauche et les mouvances islamiques.

Pour l'extrême gauche c'est simple, il faut lutter contre les capitalistes.
Pour les islamistes c'est simple aussi, il faut lutter contre les chrétiens et les impies.
Comme les capitalistes sont généralement chrétiens ou impies, l'extrême gauche et les islamistes ont le même ennemi.
avatar
borbo

Messages : 1292
Date d'inscription : 05/12/2007
Age : 70
Localisation : La Londe les Maures

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dreyfus, encore un antisémite!

Message  Laulau le Sam 3 Oct - 11:31

borbo a écrit:
Pour l'extrême gauche c'est simple, il faut lutter contre les capitalistes.
Pour les islamistes c'est simple aussi, il faut lutter contre les chrétiens et les impies.
Comme les capitalistes sont généralement chrétiens ou impies, l'extrême gauche et les islamistes ont le même ennemi.

Vous en avez beaucoup des arguments de ce type ?
Outre l'imbécilité du raisonnement, je vous signale qu'une grande partie du capital mondial est détenu par les pays pétroliers et par les chinois ... tous des chrétiens fervents, sans doute!
avatar
Laulau

Messages : 1238
Date d'inscription : 29/10/2007
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Amalgame

Message  borbo le Sam 3 Oct - 11:36

Laulau, tu mélanges tout.
Le capitalisme de rentes n'a rien à voir.
Les arabes du golf ne sont pas capitalistes mais simplement consuméristes.
La preuve c'est que l'Islam interdit le profit. cheers
avatar
borbo

Messages : 1292
Date d'inscription : 05/12/2007
Age : 70
Localisation : La Londe les Maures

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Et les Chinois?

Message  borbo le Sam 3 Oct - 11:38

Comme si tu ne savais pas que les Chinois sont communistes. Basketball
avatar
borbo

Messages : 1292
Date d'inscription : 05/12/2007
Age : 70
Localisation : La Londe les Maures

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dreyfus, encore un antisémite!

Message  Laulau le Sam 3 Oct - 18:01

borbo a écrit:
La preuve c'est que l'Islam interdit le profit.


Oui comme les rabbins interdisent le vin ... non casher, les imams interdisent l'usure .... non autorisée par eux moyennant finances! Ce qui caractérise TOUTES les religions c'est la rapacité des clergés.
avatar
Laulau

Messages : 1238
Date d'inscription : 29/10/2007
Localisation : Marseille

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Dreyfus, encore un antisémite!

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum