De Charles à Nicolas, le déclin ?

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De Charles à Nicolas, le déclin ?

Message  Laulau le Sam 5 Avr - 11:28

C’est par voie d’ambassade, et sans ménagement, que le
général a fait savoir au président américain, Lyndon Johnson, que la
France se retirait du commandement intégré de l’Otan. Un an plus tard,
toutes les bases américaines sur le sol français étaient fermées. Puis,
c’est le grand discours de Phnom Penh, qui sonne comme un défi à
l’empire englué dans la guerre du Vietnam. Certes, les motivations
étaient de leur temps. Le culte de l’indépendance n’était pas exempt
d’un lyrisme national lourd, lui aussi, de périls dans notre relation
au monde. Mais, quoi qu’il en soit, l’indépendance est toujours bonne à
prendre.
On l’aura compris, cette brève évocation historique n’est pas
sans rapport avec l’actualité. À l’heure où vous lisez ces lignes, un
président français s’apprête, lui, à brader ce qu’il y avait de plus
précieux dans l’héritage gaullien. Depuis Bucarest, où il participe à
un sommet de l’Otan, il va nous expliquer le pourquoi de ce subit
rapprochement fusionnel avec l’hyperpuissance américaine.


Il est patent que Nicolas Sarkozy voue une admiration
quasi juvénile à une certaine Amérique. Il emprunte au cow-boy George
Bush jusqu’à ses mimiques les plus triviales, et un penchant excessif
pour la familiarité. Il a comme lui le culte de la force, un goût
prononcé pour une morale simpliste, un mépris profond pour les réalités
sociales. Tout cela, nous l’avons pressenti dès la campagne électorale.
Nous voici au moment du passage à l’acte, à l’instant de la dissolution
politico-culturelle dans l’univers anglo-saxon. Comme il convient, le
retour dans l’Otan a été préparé depuis Londres. C’est au Premier
ministre britannique, Gordon Brown, que Nicolas Sarkozy a annoncé
l’envoi de mille soldats supplémentaires en Afghanistan, obtempérant
ainsi à l’ordre américain. Ce n’est pas le Parlement français qui en a
eu la primeur ; celui-ci n’a eu droit qu’à un débat improvisé et privé
de vote. Pourtant, plonger un peu plus encore notre armée dans une
guerre vécue par tout un peuple comme une occupation n’est pas anodin.
D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de considérations de politique
extérieure. Tout va de pair : l’engagement sous le commandement
américain et l’admiration non dissimulée pour le modèle de société
anglo-saxonne façon Reagan-Thatcher. Si les syndicats français avaient
encore des illusions sur le caractère politique des affrontements que
leur impose le pouvoir, l’exaltation du système « social » britannique,
l’autre jour à Londres, les aura édifiés.


On devine les arguments : « le monde a changé » ;
« nous ne sommes plus comme de Gaulle au temps de la guerre froide
entre les deux blocs américain et soviétique ». Raison de plus ! Dans
un monde unipolaire, il est plus urgent que jamais de garder ses
distances. Le caractère obsessionnel de la peur de l’Iran n’est pas
moins stupide que l’anticommunisme des années 1950-1970. Les deux
relèvent des mêmes catégories mentales. L’exécration du Hezbollah ou du
Hamas relève des mêmes fantasmes et des mêmes simplifications.
L’idéologisation du terrorisme procède du même refus de la complexité
et du même déni des causes. L’illusion que seules la force et les
bombes peuvent payer n’a guère changé. Certes, l’Afghanistan ou l’Irak
ne sont pas le Vietnam. Les talibans ne sont pas le Viet Minh, et
Moktada Sadr n’est pas Ho Chi Minh, mais les peuples bombardés, eux, se
ressemblent tous. Et leur tendance à aller vers ceux qui résistent à
l’envahisseur n’est guère différente. Autrement dit, il y a beaucoup
plus de raisons aujourd’hui de garder à bonne distance des États-Unis
une diplomatie qui devrait être européenne qu’au temps du général.
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Laulau

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Re: De Charles à Nicolas, le déclin ?

Message  mada le Lun 7 Avr - 21:07

On devine les arguments : « le monde a changé » ;
« nous ne sommes plus comme de Gaulle au temps de la guerre froide
entre les deux blocs américain et soviétique ». Raison de plus ! Dans
un monde unipolaire, il est plus urgent que jamais de garder ses
distances. Le caractère obsessionnel de la peur de l’Iran n’est pas
moins stupide que l’anticommunisme des années 1950-1970. Les deux
relèvent des mêmes catégories mentales. L’exécration du Hezbollah ou du
Hamas relève des mêmes fantasmes et des mêmes simplifications.
L’idéologisation du terrorisme procède du même refus de la complexité
et du même déni des causes. L’illusion que seules la force et les
bombes peuvent payer n’a guère changé. Certes, l’Afghanistan ou l’Irak
ne sont pas le Vietnam. Les talibans ne sont pas le Viet Minh, et
Moktada Sadr n’est pas Ho Chi Minh, mais les peuples bombardés, eux, se
ressemblent tous. Et leur tendance à aller vers ceux qui résistent à
l’envahisseur n’est guère différente. Autrement dit, il y a beaucoup
plus de raisons aujourd’hui de garder à bonne distance des États-Unis
une diplomatie qui devrait être européenne qu’au temps du général.

De Gaulle avait une ambition pour la France et les franaçis-es.
Avec Sarko............. ce n'est pas le cas.

Le capitalisme a besoin de conflits pour se maintenir comme les poissons ont besoin de l'eau pour vivre.
Sous une forme ou sous une autre, les oligarchies (armement, banques, industriels des énergies) trouveront toujours des ennemis et s'ils n'en trouvent pas ils en créent. Hier, c'était le communisme, aujourd'hui c'est le terrorisme, demain ce sera autre chose.
Si vous regardez sur le long terme l'histoire des U.S.A, c'est un pays qui depuis sa naissance a toujours été en guerre avec un autre pays dans le monde. Ce n'est pas un cas isolé, en Europe, on pourrait dire la même chose. C'est drôle, comme très peu de gens s'intéressent à l'histoire des U S A.

mada

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Re: De Charles à Nicolas, le déclin ?

Message  Pyroman le Lun 7 Avr - 23:02

Laulau a écrit:C’est par voie d’ambassade, et sans ménagement, que le
général a fait savoir au président américain,... une diplomatie qui devrait être européenne qu’au temps du général.
Bonjour Laulau,
lu et apprécié.

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PARADOXE

Message  SERBO le Mar 8 Avr - 10:55

Si vous regardez sur le long terme l'histoire des U.S.A, c'est un pays qui depuis sa naissance a toujours été en guerre avec un autre pays dans le monde.

C'est exact. Tout comme Israel. Et c'est toujours la faute des autres. En plus les Etats-Unis sont le seul pays au monde à avoir utilisé la bombe atomique contre un autre pays. C'est le paradoxe de "l'american dream".
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Re: De Charles à Nicolas, le déclin ?

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